2026, le compte CPF évolue... encore !
En 2026, la réforme du CPF marque une rupture majeure dans la formation professionnelle.
Le compte personnel de formation (CPF) change de fonction et de forme. Chaque jour, des salariés, des travailleurs indépendants, des personnes en recherche d’emploi consultent leur compte CPF, sur le site www.moncompteformation.fr, via une application ou un service public en ligne. En 2026, l’utilisation du CPF devient complexe et exigeante.
Le CPF connaît chaque année une réforme visant à limiter l’accès aux fonds :
- 2016 : Création de France Connect ; pour une connexion sécurisée
- 2024 : Puis création de France Connect + avec l’application « Identité Numérique » ; pour limiter la possibilité de retrait sur les fonds CPF
- 2024 : Création d‘un « reste à charge » de 100€ par formation (hors demandeurs d’emploi), réévalué à 102,23€ en 2025, puis augmenté à 150€ en 2026
- 2026 : Mise en place d’un plafond de dépense de 1600€ par formation
- Depuis toujours : Impossibilité de payer le reste à charge en plusieurs fois*
Ainsi, les mesures annoncées ont un objectif comptable de réduction des déficits. Cependant, elles impactent négativement les frais de formation, le temps de formation et rebattent les cartes du droit à la formation individuelle.
A temps plein ou à temps partiel, valide ou en situation de handicap, chaque actif cotise des « euro-formation » crédités provenant de la cotisation formation présente sur leur bulletin de salaire ! L’alimentation du CPF, géré par la Caisse des Dépôts et Consignations, ne garantit plus l’accès total aux fonds cotisés.
A présent, de nombreux projets de formation sont reportés, parfois sur plusieurs mois, parfois même abandonnés. Par conséquent les organismes de formation, les acteurs sociaux et les politiques ont entamé d’intenses discussions dès décembre 2026, afin de solutionner cette situation qui semble, à première vue, inextricable.
» La formation est un levier fondamental pour l’emploi, pour le développement des compétences tout au long de la carrière ; elle est facteur de bien-être et de performance. »
Le compte personnel de formation : de quoi parle-t-on réellement aujourd’hui ?
Derrière moncompteformation.fr la réalité du CPF est plus complexe. Le Compte Personnel de Formation n’est pas une aide ponctuelle. Il repose sur des droits acquis, il est inscrit dans le Code du travail et alimenté chaque année, pour chaque actif. Chaque heure période de travail délivre un montant en euros utilisable individuellement, librement.
En effet, le CPF est financé quasi exclusivement par les cotisations des employeurs sur la masse salariale annuelle (CFP et CFP-CDD), dont le pourcentage (0.55 % à 1 %) évolue selon la taille de l’entreprise, mais aussi par la taxe d’apprentissage et certaines réaffectations opérées par France Compétences, le gestionnaire du CPF.
Donc les réformes prévues pour 2026 modifient la fonction même du dispositif. Le CPF n’est plus seulement un outil d’accès à la formation professionnelle ; il devient un mécanisme soumis à davantage de conditions, de démarches, de saisie administrative et de contraintes financières.
Un droit acquis tout au long de la vie professionnelle
Le principe du CPF repose sur une idée simple : permettre à chaque personne de se former tout au long de la vie, indépendamment de son employeur, de son secteur, ou de sa situation professionnelle. Ce droit suit l’individu, qu’il soit salarié, indépendant, agent de la fonction publique ou demandeur d’emploi.
Pour un salarié à temps plein, cela représente jusqu’à 500€ de crédit annuel, dans la limite d’un plafond réglementaire de 5000€ par actif (8000€ pour les personnes en situation de handicap-PSH). Ce mécanisme vise à garantir une continuité des droits à la formation, même en cas de changement d’emploi, de période d’inactivité ou de transition professionnelle.
Piloté par la Caisse des Dépôts et France Compétences, le CPF constitue un pilier du service public de la formation professionnelle. Les textes publiés rappellent régulièrement que le CPF n’est ni un dispositif d’assistance, ni un avantage exceptionnel, mais un droit lié au travail et à la contribution économique.
Cependant, l’Etat abonde régulièrement au CPF (2Md€ en 2023, 1.5Md€ en 2024), car la structure est déficitaire : manque de cotisation du fait du taux de chômage, taux de cotisations évolutifs selon les conventions collectives, multiplications des agences de gestion (OPCO, FAF etc.).
Le CPF au service de l’économie, pas contre les actifs
La formation professionnelle a clairement une fonction stratégique dans l’économie française. Former un actif, c’est renforcer les compétences, accompagner l’évolution des métiers, sécuriser les parcours sur le marché du travail, et favoriser l’émergence de nouvelles activités.
La Cour des comptes rappelle régulièrement que le financement de la formation constitue un investissement collectif. Sans formation, les entreprises peinent à recruter, les secteurs en tension manquent de postulant, et l’emploi devient plus précaire.
(Rapport Cour des Comptes : https://www.ccomptes.fr/fr/documents/65221 )
Indépendants et petites structures : le CPF sous contrainte économique
Pour les travailleurs indépendants et les petites entreprises, la réforme est encore plus brutale. Le compte CPF est bien alimenté, les droits acquis existent, mais la trésorerie reste fragile.
- Seulement 20% des entrepreneurs se forment en France vs 55% des salariés (source DARES)
- Un entrepreneur formé augmente ses chances de pérennité à 5 ans de 30% (Source INSEE)
- Le CPF et les aides des Fonds Assurances Formation (FAF) sont pour la grande majorité des indépendants les seuls outils de financement de leurs formations
Payer un reste à charge en euro, avancer des frais de formation, attendre une réponse de la caisse des dépôts et consignations, obtenir un éventuel soutien d’un FAF… Le temps passé sur la démarche, sur la saisie, sur la vérification des données devient un temps non facturé, donc une perte directe et sèche d’activité, un risque.
Pour ces publics, le CPF devait être une aide. Il devient finalement une contrainte.
Compétences : le risque d’un décrochage progressif
La formation professionnelle est le principal levier d’adaptation des actifs face à l’évolution des métiers. France Compétences souligne régulièrement que les compétences deviennent plus rapidement obsolètes, notamment dans les secteurs impactés par la transition numérique, écologique et organisationnelle.
Limiter l’utilisation du CPF, c’est ralentir :
- L’acquisition de nouvelles compétences indispensables à sa propre compétitivité
- La montée en qualification et l’adaptation aux exigences sectorielles
- La capacité à changer de fonction, ou de secteur, ou à calquer sa personnalité aux attendus métier
Sur le long terme, ce ralentissement crée un décalage entre les besoins des entreprises et les profils expériments disponibles. Les organismes de formation observent déjà une baisse de certaines demandes de formation pourtant stratégiques.
Convergence s’associe pleinement à ce coup de gueule !
Avec les acteurs de la formation et avec les organisations représentatives, nous menons d’intenses discussions avec les pouvoirs publics afin de défendre l’accès à la formation pour tous !
Le 20 février 2026, Mathieu MUÑOZ, dirigeant de Convergence, a tiré une sonnette d’alarme auprès de Dr Yannick NEUDER, Député de l’Isère. L’objectif de l’entretien visait à alerter le législateur sur l’ensemble des problématiques présentées ci-dessus, mais aussi d’attirer son attention sur les risques d’inégalité devant la formation individuelle :
- Mise en place d’une possibilité de paiement en plusieurs fois sur la plateforme CPF
- Changement de gouvernance des fonds CPF sur le modèle d’une gestion paritaire responsable sous l’égides des partenaires sociaux, Cf. AGIRC-ARRCO
En 2026, Convergence vous accompagne plus que jamais dans vos projets de formation et d’évolution :
👉 Vous envisagez de monter en compétences
👉 Vous envisagez un changement ou une évolution professionnelle
👉 Vous pensez qu’il est temps de voler de vos propres ailes en créant/reprenant une entreprise.
Vous souhaitez utiliser votre CPF pour une formation ?
Vous ne disposez pas suffisamment de fonds pour assumer un reste à charge important ?
Vous souhaitez sécuriser votre parcours professionnel ?
Parlons-en !
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Prenez rendez-vous avec un(e) consultant(e) Convergence.
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Qu'entend-on par Soft Skills ?
Les soft skills sont des compétences bien plus comportementales que techniques qui influencent la manière dont nous interagissons avec les autres et gérons notre quotidien. Elles incluent des qualités telles que la communication, la gestion du temps, la résolution de problèmes, ou encore l’empathie etc.
Les soft skills nous interrogent sur notre place dans l’entreprise, l’assimilation des compétences, notre capacité à gérer la relation à l’autre. Cependant, les soft skills, ou compétences comportementales, jouent un rôle tout aussi important dans le succès de sa transition professionnelle. Elles consituent le « jeu de clés » indispensable et nécessaire pour comprendre, analyser et transformer un désir de changement en réelle évolution professionnelle.
